27-07
2012
Auteur : Laura Koeppler
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Un label est pour beaucoup de propriétaires un allié de premier choix lors d’un lancement d’activité de chambres d’hôtes, car il permet à la fois d’obtenir un appui technique et financier, et reste gage d’une certaine réassurance client en termes de qualité. Nous connaissons les labels les plus influents : Gîtes de France, Clévacances, Fleurs de Soleil, Accueil Paysan etc. A y regarder de plus près, nous constatons que ces labels concentrent une grande majorité de propriétaires de chambres d’hôtes et gîtes d’offre milieu de gamme, soit l’équivalent de 3 épis ou 3 clés. Or, nous pouvons nous interroger quant à l’efficacité d’un tel partenaire pour une chambre d’hôtes dite « de charme » voire même plus, « de luxe ». En effet, n’existe-t-il pas à un décalage entre l’image véhiculée par les labels ainsi que les attentes de leurs clients, et l’offre haut de gamme de certains établissements ?

Cet article va tenter de répondre à ces questions avec tout d’abord notre analyse puis le témoignage de deux propriétaires labellisés.

Une offre qui évolue, les labels un peu en retrait… l’exemple de Gîtes de France, historiquement un des premiers acteurs

Historiquement, les Gîtes de France ont été instaurés pour promouvoir les  gîtes ruraux, d’où leur nom. Aujourd’hui, bien que le label couvre également des chambres d’hôtes, y compris en milieu urbain, et que l’offre ait évolué, leur nom, logo et charte graphique (rappelant la campagne, avec une dominante de tons verts) n’ont pas changé, bien qu’un effort ait été déployé avec l’instauration des « City Breaks ». Il est vrai que l’avènement des chambres d’hôtes haut de gamme est un phénomène récent qui a pu surprendre les acteurs du tourisme cependant l’un de leurs problèmes majeurs réside dans la communication : les supports de ces labels (site Internet, etc.) sont davantage tournés vers des offres milieu de gamme et ne valorisent pas assez efficacement les établissements plus luxueux. A titre d’exemple, nous pourrons suggérer un site Internet dédié aux maisons de charme, actuellement noyées dans la quantité d’offres disparates, bien souvent d’entrée de gamme.

En dehors d’une communication peu adaptée, la distinction des gammes manque de clarté : par exemple, le label propose des établissements « Gîtes de France Charme », parmi lesquels châteaux, manoirs, gentilhommières, chalets traditionnels ou mas provençaux. Les critères d’appréciation sont avant tout l’ambiance et le charme du lieu, la présence de prestations complémentaires étant secondaire, alors qu’on connaît aujourd’hui l’importance de ces activités pour se démarquer… La question est : peut-on regrouper ces biens dans une seule et même catégorie ? Nous notons en outre que cette appellation couvre des niveaux de gamme allant du milieu de gamme au haut de gamme (de 3 à 5 épis), ce qui remet en cause la lisibilité de l’offre.

Du côté de Clévacances, nous remarquons en outre qu’un classement en 4 clés n’exige pas de connexion Internet… un peu léger, quand on considère le niveau d’exigence de la clientèle actuelle et les tarifs moyens d’un hébergement 4 clés.

Adhérer à un label réputé : l’expérience des propriétaires…

  • Témoignage d’un propriétaire de maisons d’hôtes de charme haut de gamme :

«  Nous avons été labellisés 4 épis Gîtes de France au début de notre activité, bien que nos prestations correspondent davantage à celles que l’on retrouve dans un « 5 étoiles hôtelier ». Au bout de seulement deux années, nous avons malheureusement choisi de nous désengager  car la clientèle qui nous avait été amenée par le label avait des attentes divergentes de nos prestations, trop onéreuses à leur goût. Beaucoup de personnes s’imaginent encore que Gîtes de France propose une offre d’hébergement rurale ou très traditionnelle. L’image de ce label ne colle visiblement pas avec un secteur qui se professionnalise et une offre haut de gamme qui se différencie réellement.

Enfin, nous avons la conviction qu’un établissement de qualité peut être totalement indépendant de quelque label qui soit, s’il se donne les moyens de se développer par lui-même, via notamment une campagne de communication Internet, incontournable aujourd’hui.»

« Je suis en activité depuis un an seulement, et j’ai été accompagnée par Clévacances Vaucluse dès mon ouverture, où j’ai acquis un label 4 clés puisque le 5 clés n’existait pas à ce moment. En revanche, dès la mise en place de ce dernier, ma classification a été revalorisée. Bien que je ne sois pas en mesure de quantifier l’impact de cette labellisation à l’heure actuelle, et n’ayant pas mis en œuvre de politique de communication particulière en ce sens, je suis très satisfaite de ce label qui, je le pense, témoigne de la qualité de mon hébergement.

Le seul bémol : la diversité des  niveaux de classification et des labels empêche une certaine lisibilité de l’offre française pour la clientèle étrangère. »

Quelles alternatives à ces labels ?

En parallèle des labels les plus influents se développent des démarches qualités spécifiques et adaptées à un positionnement haut de gamme et de luxe, à l’image des Relais et Châteaux : des associations telles que Bienvenue Au Château et Hôtes et Demeures proposent désormais bien plus qu’une certification qualité : elles proposent à leurs adhérents des outils innovants permettant aux hébergements de développer une réelle force de vente et de déployer des stratégies marketing à coût contrôlé, en particulier sur Internet. Aujourd’hui, les propriétaires de maisons d’hôtes haut de gamme cherchent à maximiser leurs réservations et surtout à côtoyer une clientèle qui se fait une image réelle de leurs prestations, qui se veulent uniques.

A suivre dans notre prochain article : l’interview des présidents de ces associations de maisons d’hôtes haut de gamme, qui témoigneront de leur engagement pour la valorisation d’un patrimoine d’exception, et qui mettent en œuvre au quotidien un accueil toujours plus personnalisé…

Laura Koeppler

8 commentaires

  1. Chambres d'hôtes Jolivet

    Pas de connexion internet pour 4 clés, cela m’impressionne aussi !

    A noter le flou autour des chambres d’hôtes de charmes, toutes les chambres d’hôtes aujourd’hui semblent pouvoir s’appeler chambres d’hôtes de Charme. En tous cas sur internet, à partir du moment où le propriétaire paie pour être inscrit sur l’annuaire, aucune vérification n’est effectuée sur place, leur avis se base uniquement sur les photos et éventuellement le label, peut-être…
    Pourtant, c’est aujourd’hui une « marque » reconnue pour monsieur « tout le monde », la chambre d’hôtes de Charme à la côte !!!

    Je souhaite bon courage à ceux qui veulent développer encore un autre label et je pense qu’il ne peut y avoir de label sans vérification des lieux et des prestations « in situ », ce que seuls les Gîtes de France sont capables de faire aujourd’hui. Les Gîtes de France, c’est pour moi le seul gage de qualité, même si il y a parfois encore quelques failles à leur système et que cette « grosse machine » a un peu d’inertie et n’arrive pas toujours à être aussi réactive que d’autres organisations plus petites…

    1. laurakoeppler

      Bonjour Yoann,

      Merci pour votre commentaire :)
      Vous avez raison, on trouve aujourd’hui de tout et « n’importe quoi » dans l’appellation « chambre d’hôtes de charme », ce qui renforce d’autant plus ce besoin de contrôle et prise en charge de la part des labels ! C’est aussi pourquoi des associations de propriétaires de patrimoine d’exception se développent en parallèle et mettent en oeuvre des démarches qualité exigeantes, afin de valoriser leur offre « haut de gamme et très haut de gamme » et de se démarquer de la multitude d’hébergements dits « de charme ».
      Les annuaires sont malheureusement un passage incontournable pour être visible sur Internet, un canal d’information incontournable à l’heure actuelle, bien qu’ils n’assurent aucun contrôle et suivi de la prestation, ni en amont ni en aval !
      Quant à Gîtes de France, nous ne remettons pas en cause le bien fondé de leurs missions, simplement qu’il reste du travail à accomplir pour cibler davantage les établissements haut de gamme et, entre autres, les promouvoir efficacement.
      De plus, le label a pris conscience du retard qu’il a accumulé jusqu’alors, et déploie des efforts notamment sur le plan technologique, comme le démontre cet article très intéressant : http://www.passion-locatif.com/2012/06/20/quand-les-gites-de-france-sattaquent-aux-pure-players/

      Merci de votre contribution et au plaisir de vous lire,
      Laura K.

  2. BARNIER

    Pour ma part chambres d’hôtes, je suis 3 clès Clèvacances et ce label est pour moi une classification de base et sert à apporter vis à vis de nos hôtes une base de confort et rien d’autre. Je pourrai être 4 clès mais payer plus cher pourquoi! ( j’ai le Wifi) Ce label sert de réfèrence mini. Contrairement au sans label qui sont fort nombreux et qui pour certains font peur. Je suis par ailleur au sein d’un OT et on voit de tout. Nous sommes en train de proposer au niveau du département un minimun de préstation afin d’adhérer aux OT avec visite obligatoire, les OT ont des techniciennes qui valident ce niveau mini. Après ayant un classement ou un label chacun apporte sa griffe perso c’est ce qui fait le charme des Chambres d’hôtes et quantifié ces différences ne serait pas aissé.
    PS : pour nous les visites de contrôle par Clévacances ont bien lieu tous les 3 ans comme prévu dans les statuts.

    1. laurakoeppler

      Bonjour et bienvenue sur notre blog,

      Merci pour ce témoignage, qui confirme la disparité des offres et la difficulté à s’y retrouver. En effet, les classements peuvent se targuer d’être un indicateur de confort ou de normalisation des espaces, sans aller plus loin malheureusement. Dans votre cas, vous êtes situé dans une tranche alors que vous correspondriez a priori à la gamme au-dessus, et vous n’êtes sans doute pas seul dans ce cas. C’est dommage car le 3 clés dépeint surtout une offre milieu de gamme, qui n’est peut-être pas ce que vous proposez au sein de votre établissement…
      L’initiative départementale réalisée conjointement avec les OT de votre secteur est un bon complément aux labels et classements, et permet de proposer aux acteurs locaux une base égalitaire. Toutefois, je précise qu’un label, en complément de ces actions, n’est absolument pas inutile ! Le rôle de ces acteurs est précieux, en particulier en termes d’appui technique et de réseau professionnel, simplement nous pouvons souligner les adaptations qui restent à accomplir pour correspondre aux tranches haut de gamme.

      Cordialement,
      LK

  3. Sébastien

    Je me permets de faire suite à votre article,
    En Clévacances 4 et 5 clés, la connexion Internet est bien demandée….
    Donc pas de légèreté de ce côté la ;)

    1. laurakoeppler

      Bonjour Sébastien,

      Merci pour ces précisions complémentaires ! Il est vrai que d’après la source utilisée, Clévacances de l’Aveyron, le document de présentation des critères ne cochait pas la mention « connexion Internet » dans la gamme 4 clés. A voir ici : http://www.clevacances-aveyron.com/fr/pdf/critereslocation.pdf
      Pour l’antenne du Tarn, ce n’est pas le cas non plus d’après : http://www.clevacances-tarn.com/wp-content/plugins/wp…/3.pdf
      Peut-être cela varie-t-il d’un département à l’autre !

      Merci tout de même pour votre apport qui souligne une certaine évolution des critères, et c’est tant mieux :)

      Belle journée à vous, sincèrement,
      L.K

      1. Sebastien

        Bonjour Laura,

        C’est normal les documents cités datent de 2005 alors que Clévacances revoit ses critères tous les 3 ans,
        Les sites annoncés n’ont pas mis à jour leur site Internet, la nouvelle grille date de 2011….

      2. anthonyolier

        Bonjour Sébastien, je remplace Laura désormais :). Vous avez raison en voici la preuve : http://www.clevacances.com/ckfinder/files/criterescvfchambre2012.pdf
        Merci de nous renseigner ces changements, que nous allons relayer aux principaux intéressés ! Deux choses à retenir de votre intervention entre autres : c’est la preuve que les labels ne sont pas complètement inertes (heureusement !) mais comme le disait justement Chambres d’hôtes Jolivet, ils prennent trop de temps, la lenteur de ces « grosses machines » pour innover (offres, communication, distribution…) ou tout simplement se réorganiser est un problème. Il n’empêche que ces labels demeurent un gage de qualité et leur avantage est d’avoir été créés avant les autres. A eux de s’adapter ou se transformer… et vite car comme on dit « ça pousse derrière » !
        Merci de nous lire.
        Anthony

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