08-08
2011
Auteur : Jérôme Forget
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Comment accueillir un touriste en situation d’handicap ? Quels sont les aménagements spécifiques que dois-je mener ? Qui peut m’aider dans ma démarche ? Quelles sont les aides existantes ? Quels sont les enjeux ?

Depuis quelques années, le secteur du tourisme a évolué et s’est adapté à un segment de clientèle particulièrement intéressant, mais mal connu : les personnes à mobilité réduite. Cette prise en compte du handicap dans les politiques de développement touristique, mais également dans les aménagements touristiques, a été impulsée par  la loi du 11 février 2005 relative à « l’égalité des droits et des chances, pour la participation et pour la citoyenneté des personnes handicapées ». D’ici 2015, on estime que la majorité de l’offre touristique sera accessible à ce public.

Le label Tourisme et Handicap, crée en 2001 par le Ministère délégué au Tourisme, a marqué un tournant dans la prise en compte des besoins des personnes à mobilité réduite, en permettant de donner, à ces dernières, une information fiable, homogène et objective sur l’accessibilité des sites et des équipements touristiques, et ce pour les quatre grands types de handicap : moteur, visuel, auditif ou mental.

La démarche de labellisation, qui reste une démarche volontaire, est ouverte à tous les acteurs du tourisme et notamment aux hébergements comme les gîtes ruraux et les chambres d’hôtes. Mais aujourd’hui encore trop peu de propriétaires se sont lancés dans l’aventure, que ce soit par manque de moyens ou d’informations.

Cet article a pour objectif de vous donner quelques pistes de réflexions sur l’accessibilité de votre hébergement, mais également sur les enjeux sociaux et économiques de ce marché en devenir.

En 2004 est sorti un rapport de la commission Tourisme et Handicap, sur l’accueil de la clientèle handicapée, donnant de nombreuses informations pertinentes sur l’adaptabilité de son offre. Il détaille, handicap par handicap, quelles sont les spécificités de la clientèle, et donne quelques conseils pratiques pour améliorer l’accueil de son hébergement. Par exemple : pour la clientèle en fauteuil roulant, le rapport mais en évidence une distance minimale à respecter dans l’aménagement de l’espace intérieur. En effet, un client en fauteuil roulant à besoin d’un rayon de 1,50 mètres pour se déplacer sans problèmes. De même, une table ne doit pas être à plus de 80cm du sol, afin de permettre à votre hôte de s’attabler sans difficultés.

Autres exemples, pour la clientèle ayant un handicap auditif, il est recommandé de proposer une télévision avec télétexte ou encore un téléphone à flash lumineux. D’autres  astuces peuvent être mise en place pour faciliter le séjour de cette clientèle. On pourrait penser à l’installation de lumière indiquant qu’une personne se trouve devant votre porte, ou encore la remise d’un livret d’accueil présentant la maison et son environnement.

Bien que certains aménagements peuvent demander des coûts financiers relativement importants, comme par exemple la création d’une rampe d’accès ou l’installation d’un ascenseur, d’autres au contraire sont simple à mettre en place et faciliteront la vie de vos hôtes, tels que l’installation de panneaux d’information dans la maison. En 2008, le label Tourisme et Handicap a publié un guide reprenant tous ces conseils et bien d’autres. Ce dernier est téléchargeable ici.

Il est difficile de donner un coût moyen pour rendre sa maison d’hôtes ou son gite accessible à une clientèle handicapée. En effet, tout dépend de la configuration de votre hébergement (Maison de plein pied, villa sur plusieurs étages,…), du nombre de chambres que vous possédez, mais également des travaux que vous envisagez, ou encore du type de handicap que vous souhaitez accueillir. Les coûts peuvent donc aller de 1 000 € pour la création d’une rampe d’accès à 10 000 € pour l’aménagement d’une chambre accessible et 100 000 € pour l’installation d’un ascenseur. Cependant de nombreuses aides sont possibles. En effet, sur le site internet du label Tourisme et Handicap, vous pourrez trouver des informations très utiles sur les aides financières possibles. Chaque région et département possèdent également des dispositifs d’aides. Il existe aussi des dispositifs européens, tel que Fonds européen de développement régional,  qui offre une aide financière aux projets d’hébergements touristiques portés par le milieu agricole. Une priorité est alors donnée aux projets qui ont pour objectif de se faire labelliser « Tourisme et Handicap ».

Même si de nombreux dispositifs d’aides et d’informations sont aujourd’hui mis en place pour favoriser la création d’une offre d’hébergement adaptée à tous, il est notable que l’offre générale reste basse. Pourtant avec 36 millions de personnes en situation de handicap en Europe, on ne peut pas dire que le marché n’existe pas. Il reste  ainsi un réel travail de sensibilisation à mener auprès des acteurs touristiques, et notamment des chambres d’hôtes et des gîtes, afin de créer un parc d’hébergements accueillant et accessible à tous.

Pour plus d’informations sur la législation ou si vous avez des questions, ci-dessus nommés, nous vous invitons à vous rendre sur le site : Tourisme & Handicap.org ; ou encore à contacter l’agence Guest & Strategy : www.guestetstrategy  pour obtenir des conseils ou même une formation, éligible également au DIF.

Sources :

http://www.tourisme-handicaps.org/

http://www.handicap.en-charente-maritime.com/

http://editorial.bureauxlocaux.com/e_blo/l-accessibilite-des-erp-necessitera-20-milliards-d-25961.php

http://www.handicap.en-charente-maritime.com/tourisme/etude-l-accessibilite-du-parc-hotelier

http://www.tourisme67.com/tourisme-handicap/accueillir-pers-handicap.pdf

Mathieu Defrel

6 commentaires

  1. Jérôme Ch?vå?

    on ne pourra pas obliger toutes les maisons d’hotes a le faire
    car certaines ne sont pas amenageables
    je ne vois pas mon péron transformé en rampe d’acces,
    c’est malheureux mais c’est ainsi

    quant à investir 100.000 euros dans un ascensceur pour une chambre alors que ce n’est meme pas ce que rapporte l’ensemble de la maison en CA …

    faut toutefois arreter de tout legiferer et permettre de laisser les maisons d’hotes rester traditionnelles
    a force d’imposer de taxer et de brider on ne laisse plus libre court a l’entreprenariat et des etablissements fermeront
    je connais des restaurants qui ne pourront pas etre modifiables
    que feront ils en 2015 ? ils ferment ???

    quant aux aides …
    etant moi meme un ancien commercant, ayant moi meme intégré des handicapés pour que l’agefip et autres subventionnés se bnougent pur vous aider ca met du temps ! Ils ont mis un an pour adpapter une caisse dans un magasin …

    c’est une volonté politique et demagogique
    meme si effectivement cela est bien pour les handicapés, il y a certes 36 millions d’handicapés en europe, mais combien vont en chambre d’hotes ???
    sur près de 500 millions d’européens …

    pour notre part sur cette premiere saison, nous n’avons eu qu’une seule demande …

    bien a vous
    http://www.lechateaudeslumieres.com

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  2. Mathieu DEFREL

    Bonjour M. Cheval,

    Tout d’abord merci pour votre commentaire. Je vous rejoins sur plusieurs points. Il est vrai que certaines maisons d’hôtes n’ont ni l’espace, ni les moyens d’investir dans des aménagements pour accueillir les personnes à mobilité réduite. Et lorsque l’on voit le chiffre d’affaire moyen d’une chambre d’hôtes avec 3 chambres, on comprend facilement que la hauteur de l’investissement initial est rédhibitoire. Cependant, certains aménagements intérieurs ne sont pas très coûteux. Si l’on décide d’ouvrir sa maison uniquement aux non-voyants, inutile d’investir 100 000 euros dans un ascenseur, où de créer une rampe d’accès spéciale. Il sera par contre nécessaire de mettre en place des éclairages spécifiques, d’investir dans une signalisation particulière (qui peut en parti être créée par le propriétaire), ou encore dans un marquage au sol. C’est pour cela qu’il est important de faire une segmentation au sein même de la clientèle en situation handicap, ce qui existe d’ores et déjà. Le niveau d’investissement peut alors aller du simple au quintuple.

    En ce qui concerne la législation, je suis conscient, et plusieurs études l’ont démontrées, que la mise aux normes « handicap » pour les hôtels notamment, met de nombreux établissements dans une situation très délicate. En Charente maritime, une étude sur l’accessibilité du parc hôtelier a identifié 39 hôtels indépendants de moins de 15 chambres qui risqueraient la fermeture en 2015. Ce chiffre n’est tout de même pas négligeable, et l’on peut s’interroger sur les coûts financiers mais surtout sociaux de cette réforme pour la profession hôtelière. Cette question mériterait d’ailleurs d’être creusée, lors d’un prochain article. Heureusement, sur ce point les maisons d’hôtes n’ont pas les même obligations. La démarche de labellisation est volontaire et elle doit, à mon sens, le rester. Néanmoins, et c’est le but de cet article, il faut informer les acteurs de l’hospitalité sur les possibilités d’adaptations de leur hébergement.

    Ensuite viens la question des subventions. Là encore, je pense que la « patience » est de rigueur. Les dispositifs d’aides sont parfois extrêmement longs, décourageant et loin de couvrir l’ensemble de l’investissement. Mais lorsque l’on se lance dans l’adaptabilité de sa maison, l’expérience nous montre que c’est d’abord par affinité avec cette clientèle. L’investissement est donc motivé par un choix personnel avant une nécessité économique. Cela n’empêche que les dispositifs d’aides devraient être plus nombreux et surtout plus réactifs, afin de susciter l’intérêt des propriétaires ou des porteurs de projet.

    Enfin pour répondre à la question de la clientèle, j’ai envie de dire que tout est une question de communication. Depuis la création du label « Tourisme et Handicap », combien de campagne de communication ont été lancés à destination de la clientèle handicap. On évoque souvent, et cela à encore été le cas lors d’un journal télévisé, des destinations touristiques qui aménagent leurs plages pour les personnes à mobilité réduite, mais on parle très peu d’initiatives plus locale. De plus sur certains territoires, le label n’est pas réellement structuré, ce qui ne permet pas de valoriser la destination touristique ou ses prestataires. Pourtant, certaines maisons d’hôtes accueillent une clientèle handicapée régulièrement, que ce soit moteur, visuelle, auditive ou mentale. C’est bien le signe que le marché existe. Cependant la stratégie de communication envers ce segment de clientèle est plus complexe et demande plus de temps. Si demain les chambres d’hôtes arrêtaient de communiquer sur le tourisme d’affaires, les incentives… combien de demandes auraient-elles en moins? Il en va de même pour la clientèle à mobilité réduite, qui reste une clientèle comme les autres, avec des envies de vacances, de dépaysement et de tradition. Cependant, sans outils de communication adaptés il est difficile d’attirer la clientèle et surtout de la fidéliser.

    Pour conclure ma réponse, j’ai envie de dire que le débat est riche autour de la question de l’accessibilité et du handicap. Et que c’est la tout l’intérêt de rédiger un article tel que celui-ci. Il est vrai que les politiques ont mis en place un système qui certes ce veut égalitaire, mais qui pose de nombreuses questions sur l’avenir de certains acteurs de l’activité touristiques.

    Bien à vous,

    Mathieu D.

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  3. CHIESA Nathalie, ergothérapeute

    L’idée est déjà de réfléchir à un aménagement. Cela nait d’une envie d’oeuvrer pour cette population qui n’est pas si étrangère à nous mêmes ou nos proches : aujourd’hui, qui est à l’abri d’un accident de la route ?

    Réflechir, cela veut dire se documenter mais aussi rencontrer des personnes handicapées ou des professionnels du handicap. Ainsi, cet exemple de gite, qui a appliqué à la lettre toutes les normes pour le passage du fauteuil roulant décrites dans un guide… au premier étage sans ascenceur ! Malgré toute leur bonne volonté, l’évidence leur est passée sous les yeux…

    Enfin, l’adaptation « type » n’existe pas. Ce qui peut être adapté à un handicap, peut être inadapté à un autre (la grande dépendance implique une baignoire plutot qu’une douche par exemple). L’important est donc déjà de bien décrire les chambres et les lieux communs, l’accessibilité de l’hôtel… Rien que cela, ca peut aider…

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  4. Nathalie Larivé

    Nous avons, au Domaine Arros -création de la maison d’hôtes en mai 2009-, pris très vite la décision d’installer une chambre accessible (labellisée 4 handicaps). Nous avons construit une -très longue- rampe d’accès, investi 22000 € dans cette chambre et sa salle de bain. (grande douche à l’italienne en béton ciré, lavabo fixé au travers du mur dans la pièce à côté pour supprimé tout risque d’arrachement), tv -pour le reste de la maison, il y a une salle tv cinéma à l’étage- rideaux occultants en plus des volets -pour quelqu’un qui ne pourrait pas fermer les volets et qui ne veut pas d’aide – etc.. bien sûr, le retour sur investissement n’est même pas envisageable. Mais quelle satisfaction de penser que si une personne en fauteuil ou autre problème de motricité rentre dans notre maison, elle pourra -tout simplement- accéder à des toilettes sans assistance. Et rien que cela , on trouve que c’est important; L’intégration du handicap dans la vie de tous les jours comme s’il n’y en avait pas. Juste comme un élément de vie, pas comme une particularité (pour ne pas dire… handicap…)… Nous pourrions mettre un ascenseur, mais là c’est 40 000 euros de budget (devis réalisés). Nous en rêvons, il n’y aurait ainsi plus aucune différence, mais c’est impossible financièrement. Nous vous souhaitons tous bon courage pour ces futurs travaux, et si notre expérience peut vous aider, ce sera avec plaisir. Nathalie

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    1. jeromeforget.guest&strategy

      Bonjour Nathalie,
      Nous vous remercions pour la qualité de votre témoignage qui selon nous résume parfaitement la vision que les propriétaires de chambres d’hotes et/ou de meublés de tourisme doivent tenir face à l’handicap. La volonté profonde de faire découvrir sa maison à un plus grand nombre y compris les personnes handicapées doit être la priorité au contraire du retour sur investissement qui comme vous le dites justement demeure hypothétique… Félicitations pour votre initiative et merci encore de l’avoir partagée sur notre blog…
      Belle continuation à vous au Domaine Arros.
      Jérôme Forget
      Gérant
      Guest & Strategy

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  5. hercouet

    un gîte rando & Handi-tourisme :
    Le gîte rand’eau pour tous Détente en bordure du canal de Nantes à Brest Saint Congard 56140, Morbihan

    Parce qu’ils aiment recevoir et faire connaître les activités de leur région, Brigitte et Jean-Yves Hercouët ont créé le gîte Rand’eau pour tous. Le bâtiment en bois dispose d’un accès direct au chemin de halage.
    Avec ses portes coulissantes, ses panneaux de bois, ses lignes sobres, le gîte construit en 2008 semble avoir adopté l’allure des péniches de transports. Au cœur de la Bretagne, il accueille de 2 à 10 personnes dans une ambiance moderne et des volumes spacieux et lumineux. Sa fonctionnalité séduit tous les vacanciers, touristes et randonneurs. Un grand terrain clos entoure le bâtiment. Une terrasse permet de confortablement s’installer pour regarder passer les bateaux sur le canal. Promenades et randonnées sont accessibles à tous sur le chemin de halage. Des fêtes et des animations ont souvent lieu à proximité et, parfois, s’invitent même dans le jardin du gîte. A quelques kilomètres, la cité de Malestroit permet de découvrir un très beau patrimoine.
    Informations vacanciers handicapés
    Handicap auditif : La réservation est possible par fax ou internet. La location dispose d’un téléphone/fax et est équipée d’un téléviseur avec fonction télétexte, d’un casque à infra-rouge, et d’un réveil vibreur.
    Handicap mental : La location met à disposition un espace extérieur agréable et clos.
    Handicap moteur : La location est de plain-pied. Elle dispose de trois chambres, toutes accessibles : deux chambres avec deux lits simples et deux lits superposés, une chambre avec deux lits simples. Il est ainsi possible d’accueillir simultanément six personnes en fauteuil roulant. La salle d’eau est adaptée, avec douche à siphon de sol et wc intégré. Une pince de préhension et une planche de transfert sont mises à disposition. Il est possible de louer sur place une joëlette.
    Handicap visuel : La location est de plain-pied et dispose de trois chambres adaptées : deux chambres avec deux lits simples et deux lits superposés, une chambre avec deux lits simples. L’orientation dans la location est aisée, les circulations sont faciles et sans obstacles. La cuisine est équipée de plaques électriques et de repères tactiles sur l’électroménager. Toutes les prises et interrupteurs sont contrastés, facilement identifiables.
    Gîte Rand’Eau pour Tous
    21 route de Redon 56140 Saint Congard
    Téléphone : 06-30-05-56-22 ou 06-84-94-09-23 ou 02 99 08 07 08
    internet : http://www.gite56.com/ mail : herga@wanadoo.fr
    Depuis 2013 : Gîte Répertorié Handi-tourisme Bretagne

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